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le site de Jérôme Pellissier
« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
Accueil du siteShadoks et champignonsHistoires de Shadoks
Brèves
Contre la non-prise en charge par le gouvernement de la perte d’autonomie à tous les âges de la vie
24 décembre 2009
Pétition à l’initiative des organisations suivantes : ADPA Grenoble, ALERTES, Association des Directeurs au service des personnes âgées (AD-PA 38), Fédération Départementale des Aînés Ruraux, Fédération Générale des Retraités de la Fonction Publique (FGR-FP), Fédération Nationale des Associations de Retraités (FNAR), France Alzheimer Isère, Mutualité Française Isère, Retraités FO, Syndicat Retraités CFDT Isère, UD CGT 38, Union Départementale des Centres Communaux d’Action Sociale (UD CCAS), Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA Isère), Union Nationale des (...)
 
Sur le Web : Voir la pétition
"Cinquième risque" et perte d’autonomie
14 juillet 2009
Sur le site d’Agevillage, depuis début juillet, un dossier sur le "cinquième risque", sur "les cinquieme risque" (le bien nommé et le mal nommé), et l’actualité sur ce sujet, notamment l’appel des professionnels du secteur. L’actualité ici... Le dossier là... Et, bien sûr, "le cinquième risque pour les nuls"
 
Campagne budgétaire 2009 : Un recul important pour le secteur « personnes âgées »
5 avril 2009
Communiqué de la Fédération Hospitalière de France Paris , le 24 Mars 2009 La Fédération Hospitalière de France exprime les plus vives inquiétudes sur les conséquences pour les personnes âgées des mesures dévoilées par la circulaire budgétaire prise en application de Loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. Alors que le Plan solidarité Grand Age avait permis au secteur médico-social de conduire depuis 2004 une démarche de médicalisation et d’amélioration de la qualité, le gouvernement a renoncé à l’objectif de médicalisation des établissements accueillant des personnes âgés, (...)
 
Les Grands Neurologues Shadoks et la maladie d’Alzheimer
octobre 2010
par Jérôme P.

La maladie d’Alzheimer énerve les Grands Neurologues Shadoks.
Elle les énerve parce qu’ils ne la comprennent pas. Elle les condamne à la modestie et à l’humilité. Violent.
Elle les énerve parce qu’ils y vivent l’échec, notamment de leur fantasme de réduction de l’esprit au cerveau, de leur rêve de pouvoir affirmer "Montre moi ton IRM, je te dirai qui tu es".
Elle les énerve parce qu’ils ne peuvent affirmer qu’elle est (probablement) présente qu’en présence justement de symptômes... Autrement dit, quand peuvent aussi l’affirmer d’autres professionnels, psychologues et neuropsychologues notamment. C’est vexant.
C’est vexant. A quoi sert en effet d’être Grand Neurologue Shadok si on ne peut même pas lire l’avenir des patients dans leur cerveau.
Un jour heureusement, un des Grands Neurologues Shadoks eut une révélation : puisqu’en effet tout shadok bien portant est un shadok malade qui s’ignore, il suffisait de peu de choses pour prouver que tout un tas de shadoks sans symptômes étaient des malades d’Alzheimer en puissance.
Il suffisait de changer la définition de la maladie. D’en exclure les symptômes. De simplement prendre quelques marqueurs qu’on trouve un peu plus souvent dans les cerveaux des shadoks malades que dans ceux des shadoks sains, et de déclarer illico qu’est atteint de La Maladie tout shadok contenant un cerveau contenant lesdits marqueurs.
L’affaire était jouée.

Le Grand Neurologue Shadok en pleine phase de test de son appareil à prédire La Maladie

Certains shadoks râleurs firent remarquer que pas mal de cerveaux shadoks contiennent de tels marqueurs et ne développent jamais la maladie. Peu importe ! Pour le Grand Neurologue Shadok, en cela fort soutenu par la shadokindustrie du médicament, il vaut nettement mieux annoncer qu’ils sont malades à des shadoks sains qui ne deviendront pas malades qu’annoncer à des shadoks qui deviendront peut-être un jour malades qu’on ne sait pas justement s’ils le deviendront.

La nouvelle définition de La Maladie comportait de surcroît, pour le Grand Neurologue Shadok, un intérêt non négligeable : elle lui permettait non seulement d’éviter les shadoks malades, qu’il n’avait plus besoin de voir, de regarder, d’écouter, pour établir le diagnostic, mais aussi de se débarrasser des shadoks psychologues, neuropsychologues et Cie, qui avaient une fâcheuse tendance à précisément écouter lesdits shadoks malades.

Quant aux shadoks qui allaient se voir prédire, dans de telles conditions d’incertitude, une maladie que peut-être ils n’auraient jamais, ils doutaient... Car même s’ils développaient vingt ans après l’annonce la fameuse Maladie, ils se demandaient bien quel intérêt il y avait à le savoir vingt ans avant, puisque rien ne permettait de l’éviter.

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Cette petite chronique shadok trouve évidemment son origine dans les articles récemment consacrés par la presse à une publication du Professeur (non, pas le Professeur Shadoko, soyons sérieux je vous prie), du Professeur Bruno Dubois et de son équipe. Le ton général (Le Figaro) : "Une équipe de chercheurs français vient de montrer qu’il était possible de diagnostiquer avec certitude la maladie d’Alzheimer grâce à des signes biologiques et d’imagerie".

De telles pratiques et affirmations illustrent parfaitement, à la Française, ce que dénoncent Peter Whitehouse et Daniel George aux Etats-Unis. Cf. leur livre.

Voir aussi sur le sujet les récents articles de Martin Winckler et de Anne-Claude et Martial Van der Linden.